Législatives : la proportionnelle, l’éternelle promesse non tenue
Malgré les promesses d'Emmanuel Macron, la réforme du mode de scrutin législatif semble enterrée avant 2027, malgré une ultime initiative transpartisane.

Le serpent de mer du macronisme
C'était l'une des promesses phares d'Emmanuel Macron, réitérée lors de ses deux campagnes présidentielles en 2017 et 2022. Pourtant, l'instauration d'une dose de proportionnelle pour les élections législatives semble aujourd'hui condamnée à rester un projet inabouti. À l'approche de l'échéance présidentielle de 2027, le dossier est officiellement au point mort.
Plusieurs facteurs expliquent cet ensablement :
- Un calendrier parlementaire désormais saturé et trop resserré.
- Une absence de volonté politique réelle au plus haut sommet de l'État.
- Un manque de consensus sur les modalités techniques du scrutin.
Un front transpartisan pour la survie du projet
Malgré ce constat de paralysie, un noyau dur de parlementaires refuse de voir la réforme enterrée. Réunis autour d'un groupe informel, quatre députés issus de différentes sensibilités politiques tentent de maintenir le débat en vie :
C'était l'une des promesses phares d'Emmanuel Macron, réitérée lors de ses deux campagnes présidentielles en 2017 et 2022.
- Erwan Balanant (MoDem, Finistère)
- Guillaume Gouffier Valente (Renaissance, Val-de-Marne)
- Jérémie Iordanoff (Les Écologistes, Isère)
- Marie Récalde (Parti socialiste, Gironde)
Ce quatuor, qui communique activement via une boucle de messagerie dédiée, travaille depuis l'été dernier sur une proposition de loi transpartisane. Déposé officiellement en octobre 2025, le texte vise à transformer le mode de scrutin des législatives pour le rendre plus représentatif.
Un colloque au Palais-Bourbon en ligne de mire
Pour peser sur l'agenda, ces élus préparent une offensive médiatique et politique. Un colloque devrait ainsi se tenir courant avril à l'Assemblée nationale sous l'égide de Yaël Braun-Pivet. L'objectif est clair : forcer le gouvernement et la majorité à se positionner avant que la fenêtre de tir législative ne se referme définitivement pour ce second quinquennat.
Cependant, sans un soutien massif de l'exécutif, ce baroud d'honneur pourrait rester symbolique, laissant la proportionnelle au stade de mirage démocratique pour les années à venir.




