Procès Kadhafi : Le « vertige » de Nicolas Sarkozy face à ses juges
Devant la cour d'appel, Nicolas Sarkozy a livré un témoignage de huit heures, mêlant solennité et dénégations dans l'affaire du financement libyen de 2007.

Un changement de ton remarqué au Palais de justice
Lors de l'audience du mardi 7 avril 2026, les observateurs ont découvert un Nicolas Sarkozy transfiguré au Palais de justice de Paris. Pour ce procès en appel concernant les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l'ancien chef de l'État a délaissé la fougue de la première instance pour une posture plus grave, solennelle et d'une courtoisie presque désarmante.
Pendant huit heures consécutives, il s'est plié à l'interrogatoire du président de la cour, Olivier Géron, répondant avec une précision méthodique, tout en niant fermement toute implication ou connaissance des faits reprochés.
Une stratégie de défense entre amnésie et attaques ciblées
Fidèle à sa ligne de défense, Nicolas Sarkozy a affirmé « ne rien savoir » des circuits financiers occultes évoqués par l'accusation. S'il s'est montré obséquieux envers le président de la cour, il n'a pas hésité à décocher quelques piques acérées à l'encontre de ses coprévenus.
Face à certaines explications jugées « un peu étonnantes » par un magistrat visiblement dubitatif, l'ancien président a préféré recentrer le débat sur son ascension politique.
Lors de l'audience du mardi 7 avril 2026, les observateurs ont découvert un Nicolas Sarkozy transfiguré au Palais de justice de Paris.
Le « vertige » du pouvoir
Le président Olivier Géron a longuement interrogé le prévenu sur la mécanique de sa conquête de l'Élysée en 2007. Nicolas Sarkozy s'est alors livré à une narration lyrique de son parcours :
- L'immersion totale : Il a décrit une « apnée » constante durant la campagne.
- La fusion avec les militants : L'émotion des meetings « quand la salle vibre au même rythme que vous ».
- L'instant de bascule : Ce moment de « vertige » lors de l'entrée en fonction.
« Un président de la République n’est plus un homme politique. C’est un président. C’est l’histoire d’une vie », a-t-il conclu devant une salle suspendue à ses paroles.
Ce témoignage fleuve marque une étape clé de ce procès en appel, où l'enjeu reste de déterminer si des fonds du régime de Mouammar Kadhafi ont effectivement irrigué la campagne victorieuse de la droite française il y a près de deux décennies.
L'audience se poursuit avec l'examen des flux financiers contestés.



