RDC : Vague d'arrestations et disparitions au sein de l'opposition
L'ONU s'inquiète de la détention de 42 opposants en RDC, accusés pour la plupart de liens avec la rébellion du M23, dont l'ex-président de l'Assemblée Aubin Minaku.

L'étau se resserre sur l'opposition politique en République démocratique du Congo (RDC). Selon un rapport publié ce lundi 6 mars par les Nations unies, quarante-deux membres de formations politiques sont actuellement placés en détention à travers le pays. Cette vague d'arrestations intervient dans un climat de tension extrême, alors que l'offensive des rebelles de l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) pèse sur la stabilité nationale depuis le début de l'année 2025.
Des accusations de "connivence" avec la rébellion
La majorité des détenus sont accusés par les autorités de collaborer avec l'AFC/M23, le mouvement rebelle qui mène une offensive majeure dans l'est de la RDC. Dans sa note bimestrielle consacrée aux violations des droits humains, l'ONU s'alarme d'une multiplication des emprisonnements et des disparitions ciblant les opposants au gouvernement du président Félix Tshisekedi.
Ce durcissement sécuritaire est également dénoncé par l'organisation Human Rights Watch (HRW). Dans un communiqué diffusé le 10 mars, l'ONG souligne que cette répression s'est intensifiée de pair avec l'aggravation du conflit opposant les forces gouvernementales au M23, soutenu, selon Kinshasa et plusieurs observateurs internationaux, par les forces rwandaises.
L'étau se resserre sur l'opposition politique en République démocratique du Congo (RDC).
L'ombre de l'affaire Aubin Minaku
Parmi les figures de l'opposition dont le sort suscite la plus vive inquiétude figure Aubin Minaku. Ancien président de l'Assemblée nationale sous le mandat de Joseph Kabila (2001-2019) et actuel vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), M. Minaku a été enlevé à son domicile kinois dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier.
Cette disparition est intervenue seulement deux jours après sa participation aux commémorations officielles de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Sa famille et ses proches demeurent sans nouvelles précises sur ses conditions de détention ou les griefs exacts retenus contre lui, illustrant un climat de suspicion généralisée où l'étiquette de "traître" ou de "complice du M23" semble devenue un outil de neutralisation politique.
Un espace démocratique en péril
Le rapport des Nations unies met en lumière une réduction drastique de l'espace civique. La lutte contre l'insécurité à l'Est semble servir de justification à une surveillance accrue et à des arrestations arbitraires au sein de la classe politique traditionnelle de Kinshasa. Alors que le pays fait face à un défi militaire majeur, la question du respect des droits fondamentaux et du droit à l'opposition reste un sujet de préoccupation internationale majeur.



