Sénégal : La criminalisation de l'homosexualité franchit un nouveau palier
Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi doublant les peines pour « actes contre nature », ancrant le Sénégal dans une tendance répressive régionale.

Un tournant répressif au Sénégal
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement promulgué, le 30 mars, une nouvelle loi durcissant considérablement les sanctions liées à l'homosexualité. Ce texte, adopté par l'Assemblée nationale deux semaines plus tôt, vise les « actes contre nature », terme juridique utilisé pour désigner les relations entre personnes de même sexe.
Désormais, les peines encourues ont doublé : les condamnés risquent entre cinq et dix ans de réclusion, contre une fourchette de un à cinq ans auparavant. Cette décision intervient dans un climat de pression sociale et religieuse croissante, marqué notamment par des manifestations à Dakar réclamant une sévérité accrue.
Une tendance continentale à la criminalisation
Le Sénégal s’inscrit dans une dynamique régionale où la stigmatisation des minorités sexuelles se traduit par un renforcement des cadres législatifs. À ce jour, l'homosexualité est illégale dans 31 pays africains.
Désormais, les peines encourues ont doublé : les condamnés risquent entre cinq et dix ans de réclusion , contre une fourchette de un à cinq ans auparavant.
Selon Melanie Nathan, avocate sud-africaine et directrice de la Coalition africaine pour les droits humains, nous assistons à une mutation de la répression. « La répression est plus visible, plus agressive et, à certains endroits, plus codifiée dans la loi », explique-t-elle.
L'Ouganda, fer de lance de la répression extrême
Si le Sénégal durcit ses peines, l'Ouganda demeure l'un des pays les plus répressifs au monde en la matière. Sa législation de 2023 prévoit :
- La prison à vie pour des relations sexuelles entre personnes de même sexe.
- La peine de mort pour les cas d'« homosexualité aggravée » (impliquant des mineurs, des membres de la famille ou des rapports sous contrainte).
D'après un rapport de Human Rights Watch publié en mai 2025, la violence et les discriminations ont atteint un niveau « sans précédent » dans le pays. Illustration concrète de cette chasse aux sorcières : le 18 février dernier, deux femmes ont été interpellées pour s'être embrassées ; elles attendent actuellement leur jugement en détention.
Cette vague de lois restrictives à travers le continent soulève de vives inquiétudes chez les défenseurs des droits humains, qui dénoncent un recul majeur des libertés individuelles au nom de la protection des valeurs traditionnelles.



