Sénégal : La pénalisation de l’homosexualité sévèrement durcie
Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi doublant les peines de prison pour homosexualité, confirmant un durcissement continental.

Le Sénégal franchit un nouveau palier dans la répression de l'homosexualité. Le 30 mars 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement promulgué la loi durcissant les sanctions contre les « actes contre nature », terme juridique utilisé pour désigner les relations entre personnes de même sexe.
Cette décision intervient un peu plus de deux semaines après l'adoption du texte par l'Assemblée nationale, sous la pression de manifestations populaires réclamant des mesures de plus en plus sévères.
Un doublement des peines de prison
Le nouveau cadre législatif sénégalais marque un tournant sécuritaire majeur pour la communauté LGBT+ :
- Anciennes peines : de un à cinq ans de prison.
- Nouvelles peines : de cinq à dix ans d'emprisonnement ferme.
Cette escalade législative s'inscrit dans un contexte régional de plus en plus hostile. À ce jour, l'homosexualité demeure illégale dans 31 pays africains, mais la tendance actuelle montre une radicalisation des discours et des lois.
Le Sénégal franchit un nouveau palier dans la répression de l'homosexualité.
Une vague de répression continentale
Selon Melanie Nathan, avocate sud-africaine et directrice de la Coalition africaine pour les droits humains, la répression devient « plus visible, plus agressive et plus codifiée ». Le Sénégal n'est en effet pas un cas isolé.
L'Ouganda reste l'un des pays les plus répressifs au monde. Depuis 2023, la législation ougandaise prévoit :
- La prison à vie pour des relations sexuelles entre personnes de même sexe.
- La peine de mort pour les cas dits d'« homosexualité aggravée » (impliquant des mineurs ou des rapports sous contrainte).
Des conséquences humaines alarmantes
Les organisations de défense des droits de l'homme tirent la sonnette d'alarme. Un rapport de Human Rights Watch publié en mai 2025 souligne un niveau de violence et de discrimination « sans précédent » en Afrique de l'Est.
Dernier exemple en date de cette traque systématique : le 18 février dernier, deux femmes ont été interpellées en Ouganda pour avoir échangé un baiser. Elles sont actuellement en détention, dans l'attente de leur procès. Cette atmosphère de criminalisation croissante réduit considérablement l'espace de liberté et de sécurité pour les minorités sexuelles sur une grande partie du continent.



