Sorties cinéma : Carla Simon filme les fantômes du passé dans « Romeria »
De l'Espagne de Carla Simon aux frissons de Graham Swon, découvrez les sorties cinématographiques incontournables et la rétrospective Almodóvar.

Le cinéma espagnol à l'honneur avec « Romeria »
Cette semaine, les salles de cinéma s'illuminent de propositions audacieuses, portées par le nouveau chef-d'œuvre de l'Espagnole Carla Simon. Avec Romeria, la réalisatrice lauréate de l'Ours d'or pour Nos soleils (2022) explore une nouvelle fois les tréfonds de l'intime et de la mémoire familiale.
Une quête d'identité sur fond de tragédie collective
L'intrigue nous transporte à Vigo, ville côtière de Galice et haut lieu de la fête dans les années 1980. On y suit Marina (Llucia Garcia), une jeune femme de 18 ans aspirant à devenir cinéaste, qui part à la rencontre de sa famille paternelle. Orpheline de parents toxicomanes emportés par le sida, Marina se heurte au silence d'un milieu bourgeois obsédé par les apparences et l'ordre.
Le film possède une dimension autobiographique poignante, la cinéaste ayant elle-même perdu ses parents de la même manière. Romeria utilise la lumière estivale et le cadre maritime pour mieux exhumer un passé occulté, rendant hommage à une génération sacrifiée tout en analysant la pression sociale qui pèse sur les héritiers de ce secret.
Cette semaine, les salles de cinéma s'illuminent de propositions audacieuses, portées par le nouveau chef-d'œuvre de l'Espagnole Carla Simon .
Almodóvar et la Movida : Paris aux couleurs de l'Espagne
En écho à la sortie de Romeria, le cinéma espagnol rayonne également dans la capitale française. Le Centre Pompidou inaugure ce mercredi 8 avril une rétrospective d'envergure consacrée à Pedro Almodóvar. Le public pourra redécouvrir l'œuvre du maître de la Movida madrilène, dont l'esthétique et les thématiques dialoguent intimement avec les années explorées par Carla Simon.
Évasions italiennes et frissons américains
Le panorama de la semaine ne s'arrête pas aux frontières de la péninsule ibérique :
- Italie : Francesco Sossai propose Le dernier pour la route, un périple cinématographique décrit comme hilarant et riche en péripéties alcoolisées.
- États-Unis : La scène indépendante américaine est représentée par Graham Swon, qui livre deux longs-métrages inédits : An Evening Song et The World is Full of Secrets. Ces œuvres sont saluées pour leur capacité à renouveler le genre de l'horreur grâce à des dispositifs sonores et visuels particulièrement inventifs.
Entre exploration historique, rétrospective de légende et expérimentations formelles, le programme cinématographique de ce début avril s'annonce d'une densité exceptionnelle.



