Moyen-Orient : Le pari risqué de Trump pour une nouvelle ère régionale
Donald Trump et Benyamin Nétanyahou orchestrent un cessez-le-feu fragile après quarante jours de conflit marqué par la mort d'Ali Khamenei.
Un dénouement éclair sous l'égide de Washington
Le 3 mars 2026, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'est rendu sur la base aérienne de Palmachim. Flanqué de son ministre de la Défense, Israel Katz, et du chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, le dirigeant israélien a marqué de sa présence ce qui semble être le point d'orgue d'une offensive fulgurante.
Il aura fallu à peine quarante jours à l'administration de Donald Trump pour instaurer un cessez-le-feu, mettant un terme provisoire à un conflit aux ramifications complexes. Bien que le président américain ait initialement prédit une victoire « dès la première heure », la réalité du terrain a imposé un calendrier légèrement plus long, après avoir un temps envisagé de conclure l'affaire en « deux ou trois jours » à la fin du mois de février.
L'ombre de l'assassinat d'Ali Khamenei
L'escalade a atteint son paroxysme le 28 février, suite à une opération aérienne israélienne majeure ayant conduit à l'assassinat du Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Cet événement a ouvert la voie à une période d'incertitude totale, où le président Trump oscillait entre une issue diplomatique rapide et la tentation de « prendre le contrôle de tout le truc », jetant un flou sur les intentions réelles de Washington : s'agissait-il de renverser l'État iranien ou de sécuriser ses ressources pétrolières ?
Le 3 mars 2026, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'est rendu sur la base aérienne de Palmachim.
Un appel à l'insurrection populaire
Accroché exceptionnellement à son téléprompteur lors de ses allocutions, Donald Trump a aligné son discours sur celui de Benyamin Nétanyahou. La stratégie affichée était double : paralyser le régime de Téhéran et inciter une révolte citoyenne massive.
« Lorsque nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement », avait lancé M. Trump à l'adresse du peuple iranien dès le début de l'offensive. En exhortant les Iraniens à saisir cette « chance unique pour des générations », le président américain a également pris soin de poser les jalons d'un désengagement de responsabilité : si le régime actuel devait survivre aux frappes, l'échec serait alors imputé à l'absence de soulèvement populaire.
Une région sous haute tension
Malgré l'annonce du cessez-le-feu, la région reste un brasier. Des attaques ont été signalées au Liban, sur l'île iranienne de Lavan, ainsi que sur les territoires du Koweït et des Émirats arabes unis, prouvant que la stabilité promise par la Maison Blanche demeure extrêmement fragile. L'enjeu est désormais de savoir si cette pause forcée se transformera en une paix durable ou si elle ne constitue que l'œil du cyclone dans un Moyen-Orient en pleine recomposition.

