Retour en France : Le calvaire terminé pour Cécile Kohler et Jacques Paris
Après quatre ans de détention en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée. Ils témoignent de l'horreur vécue.
Un retour sous le signe de l'émotion
C'est la fin d'un calvaire qui aura duré près de quatre ans. Cécile Kohler et Jacques Paris, les deux ressortissants français détenus en Iran depuis mai 2022, ont foulé le sol national ce mercredi 8 avril au matin. Arrivés à l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle peu avant 9 heures à bord d'un vol commercial, ils ont été accueillis par les équipes du centre de crise du ministère des Affaires étrangères avant d'être reçus à la mi-journée par le président de la République.
À l'Élysée, Emmanuel Macron a salué les deux anciens otages par une accolade chaleureuse dans les jardins du palais. Ce dénouement, qualifié de « soulagement pour nous tous » par le chef de l'État, met un terme à une captivité marquée par la dureté du système carcéral iranien.
« L'horreur quotidienne » de la prison d'Evin
Lors d'une brève allocution à la sortie de la présidence, Cécile Kohler, professeure de lettres de 41 ans, a livré un témoignage poignant sur ses conditions de détention. Évoquant la tristement célèbre prison d'Evin, elle a décrit un univers d'« horreur quotidienne » et d'« arbitraire permanent ».
Cécile Kohler et Jacques Paris , les deux ressortissants français détenus en Iran depuis mai 2022, ont foulé le sol national ce mercredi 8 avril au matin.
« Nous l'avons échappé belle, cela aurait pu être bien pire », a confié l'enseignante.
Son compagnon d'infortune, Jacques Paris, 72 ans, a quant à lui dénoncé des « conditions de détention inhumaines » visant délibérément à les « briser ». Malgré ces épreuves, le retraité a affirmé avec force : « Nous ne sommes pas brisés. Nous allons profiter de la vie. Vive la vie. »
Un succès diplomatique dans un contexte de guerre
Le parcours vers la liberté a été complexe. Arrêtés le 7 mai 2022 lors d'un voyage touristique, ils avaient été condamnés fin 2025 à de lourdes peines (20 ans pour elle, 17 ans pour lui) sous le chef d'accusation d'espionnage. Après avoir quitté la prison pour une assignation à résidence à l'ambassade de France à Téhéran il y a cinq mois, leur exfiltration finale a nécessité l'aide de la médiation omanaise.
Leur libération intervient dans un contexte régional extrêmement instable, alors que la guerre a éclaté en Iran le 28 février dernier. L'Élysée a souligné que cette issue est le résultat d'un « effort de très longue haleine », précisant qu'Emmanuel Macron avait maintenu une pression constante sur son homologue iranien, Massoud Pezeshkian.
Bien que Téhéran ait suggéré par le passé un échange avec Mahdieh Esfandiari (une Iranienne condamnée en France pour apologie du terrorisme), Paris n'a jamais confirmé officiellement une telle transaction. Les deux anciens détenus vont désormais entamer une période de repos et de reconstruction auprès de leurs proches.

